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VISIT PERE LACHAISE

LE CIMETIÈRE DES INNOCENTS

À la fin du XVIIIe siècle, une dizaine d’années avant la Révolution française, le principal cimetière de Paris se trouve encore en plein centre-ville, aux Halles : c’est le cimetière des Innocents. Utilisé depuis près de mille ans, mais beaucoup plus petit qu’on pourrait l’imaginer, il ne contient que des fosses communes, où s’accumulent depuis des siècles des quantités immenses de corps. Au cœur de la ville, la situation devient alors catastrophique sur le plan de l’hygiène. Une nuit, le mur séparant le cimetière d’une maison voisine cède sous la pression des ossements, qui se déversent dans la cave de l’habitant. À partir de ce moment, il devient évident qu’on ne peut plus maintenir un tel lieu au centre de Paris. On décide donc d’évacuer les ossements, soit environ deux millions de corps, lors de transferts nocturnes qui durent deux ans, vers les Catacombes de Paris.

EDITH PIAF

La Môme, 2007, 
Olivier Dahan

Pour regarder le film : ICI

GERTRUDE STEIN

Gertrude Stein est une écrivaine américaine installée à Paris au début du XXe siècle, surtout connue pour le salon qu’elle tient avec Alice B. Toklas au 27 rue de Fleurus. 
Ce lieu devient un rendez-vous majeur de l’
avant-garde, fréquenté par des artistes et écrivains comme Picasso, Matisse ou Apollinaire. À Paris, elle joue donc un rôle essentiel de passeuse entre création artistique, littérature et collection, en soutenant très tôt l’art moderne. Son appartement contribue à faire de la capitale un centre décisif des échanges culturels entre l’Europe et les États-Unis.

Une tombe juive

Dans la tradition juive, on dépose des pierres sur les tombes plutôt que des fleurs, car la pierre symbolise la permanence, la mémoire et l’éternité. Les petits cailloux visibles sur la tombe de Gertrude Stein sont donc des signes de souvenir laissés par les visiteurs.

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OSCAR WILDE

Quand on arrive devant cette tombe, il faut imaginer qu’elle n’a pas toujours eu cet aspect protégé et presque intouchable qu’on voit aujourd’hui. Pendant longtemps, elle était couverte de traces laissées par les visiteurs : des mots, des signatures, des messages d’admiration… et surtout des centaines de baisers au rouge à lèvres. On venait embrasser la pierre comme on rend hommage à une icône, presque comme si Oscar Wilde était devenu ici le saint patron des amours interdites, de la liberté de vivre, et de tout ce qui dérange l’ordre établi. À force, bien sûr, le monument s’est abîmé, et il a fallu le protéger. Mais cette ferveur populaire dit quelque chose d’essentiel : Wilde n’est pas seulement un écrivain enterré au Père-Lachaise, il est devenu un symbole d'amure et liberté

VICTOR NOIR

Victor Noir est un journaliste d’opposition, tué le 10 janvier 1870 lors d’une altercation avec le prince Pierre Bonaparte, cousin de Napoléon III. Sa mort provoque une émotion immense, parce qu’elle est immédiatement perçue comme un scandale politique. Ses obsèques rassemblent plus de cent mille personnes, et il devient très vite le symbole de la violence du Second Empire et de la répression exercée contre ceux qui défendent la liberté.

Sa tombe, elle aussi, a donné naissance à une forme de culte populaire, mais dans un registre bien différent. Le gisant représente Victor Noir allongé, dans une posture très réaliste, presque comme si le corps venait de tomber. Avec le temps, une légende s’est développée autour de la sculpture : les visiteurs, et surtout les visiteuses, viennent l’embrasser, le toucher, en particulier au niveau des parties intimes, devenues symbole de fertilité, de fécondité et parfois même de chance en amour. À force d’être caressées, certaines parties de la statue sont devenues beaucoup plus lisses et brillantes que le reste du bronze.

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ANTOINE PARMANTIER

Fait prisonnier pendant la guerre, Parmentier est nourri en captivité avec des pommes de terre. Loin de l’empoisonner, elles lui permettent de survivre. À son retour, il décide donc de convaincre la France qu’elle tient là un aliment précieux, capable de nourrir la population et de limiter les famines. 

pour donner de la valeur à ses champs de pommes de terre, Parmentier les faisait surveiller par des gardes le jour… afin de faire croire que c’était quelque chose de précieux. La nuit, la surveillance se relâchait, et les gens venaient en voler. C’était exactement ce qu’il voulait : pousser la population à s’y intéresser et à la consommer.

Autrement dit, derrière cette tombe un peu discrète se cache un homme qui a contribué à transformer l’alimentation française. Grâce à lui, la pomme de terre est passée du statut de plante suspecte à celui d’aliment essentiel.

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RECETTE HACHIS PARMENTIER, ICI

MOLIÉRE ET LA FONTAINE

La mort de Molière est devenue presque légendaire : alors qu’il joue Le Malade imaginaire, il est pris d’un malaise et s’effondre. Mais le vrai scandale vient après. À cette époque, les comédiens sont très mal vus par l’Église, qui considère leur métier comme moralement suspect. Pour être enterré chrétiennement, il fallait renoncer à cette vie jugée pécheresse avant de mourir. Un prêtre est appelé, mais il arrive trop tard : Molière est déjà mort. En théorie, il ne devrait donc pas avoir droit à une sépulture chrétienne.

C’est là qu’intervient Louis XIV, qui apprécie beaucoup Molière. Grâce à sa protection, on trouve une solution discrète : un enterrement de nuit, sans cérémonie, presque en cachette, dans un cimetière secondaire. Et surtout, sans nom sur la tombe. Il fallait l’inhumer, mais sans trop le montrer.

Le plus étonnant, c’est qu’au moment où le Père-Lachaise est créé, bien plus tard, on ne sait plus exactement où repose Molière. Quand on décide de le transférer ici, on installe donc un corps que l’on présente comme le sien… mais il est très probable que ce ne soit pas lui. Autrement dit, on admire peut-être une tombe de Molière… sans Molière.

Jean de La Fontaine, c’est l’un des auteurs français les plus connus, surtout grâce à ses Fables. Ce sont de petits récits, souvent avec des animaux, qui racontent une histoire simple mais qui cachent en réalité une morale, une leçon sur les hommes, la société, le pouvoir, ou les défauts humains. On les apprend encore aujourd’hui à l’école, parce qu’elles font vraiment partie de la culture française.

Et pour lui, c’est encore plus troublant. On sait aujourd’hui que ce n’est pas lui non plus. Pourquoi ? Parce qu’on a cru, à tort, qu’il avait été enterré près de Molière. En réalité, La Fontaine avait été enterré ailleurs, au cimetière des Innocents. Or les ossements des Innocents ont ensuite été déplacés dans les Catacombes. Donc si l’on suit la logique jusqu’au bout, le vrai corps de La Fontaine ne devrait pas être ici au Père-Lachaise… mais dans les Catacombes de Paris.

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Portrait de Molière attribué à Nicolas Mignard (1658)

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La cigale et la fourmi, une fable de La Fontaine

THÉODORE GÉRICAULT

L’artiste est représenté avec les attributs du peintre sur sa tombe, où l’on voit aussi gravé son chef-d’œuvre, Le Radeau de la Méduse. Ce tableau s’inspire d’un naufrage réel : celui de la Méduse, dont le capitaine fait échouer le navire. Environ 150 personnes prennent alors place sur un radeau perdu en mer, sans eau ni nourriture. Géricault choisit de montrer le moment où, au milieu du désespoir et de la mort, apparaît un espoir infime, incarné par un minuscule bateau à l’horizon. Sur les 150 naufragés, seuls 15 survivent.

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FRÉDÉRIC CHOPIN

Frédéric Chopin, compositeur polonais installé à Paris au début du XIXᵉ siècle, devient rapidement une figure majeure de la vie musicale de la capitale. À sa mort, il est enterré au Père-Lachaise, mais son cœur est retiré et transporté par sa sœur jusqu’à Varsovie. Ce geste symbolise le lien profond qu’il garde toute sa vie avec la Pologne, malgré son exil parisien. Une autre explication évoque aussi sa peur d’être enterré vivant, très répandue à l’époque.​

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JIM MORRISON

Chanteur et poète américain, Jim Morrison est surtout connu comme le leader des Doors, groupe emblématique du rock des années 1960, célèbre pour des titres comme Light My Fire, Riders on the Storm ou The End. Il incarne alors une figure rebelle et fascinante, autant par sa voix et sa présence scénique que par son goût pour la poésie, la provocation et les excès. Installé à Paris à la fin de sa vie pour recommencer autrement, il meurt à 27 ans dans des circonstances encore discutées. Aujourd’hui, sa tombe reste l’une des plus visitées du Père-Lachaise.

La tombe de Jim Morrison est aujourd’hui protégée, car elle a longtemps provoqué de nombreux débordements. Comme on ne peut plus vraiment la toucher, certains visiteurs laissent désormais une trace en collant un chewing-gum sur l’arbre situé juste en face.

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HÉLOÏSE ET ABÉLARD

La tombe d’Héloïse et Abélard est l’un des grands symboles de l’amour tragique au Père-Lachaise. Leur histoire ne date pas du tout du XIXe siècle, mais du Moyen Âge, au XIIe siècle. Pourtant, à l’époque romantique, on les redécouvre et on en fait presque le couple mythique des amants impossibles.

Héloïse est une jeune femme très cultivée, brillante, exceptionnelle pour son temps. Son oncle lui choisit comme maître Abélard, l’un des plus grands intellectuels de Paris. Mais entre le professeur et son élève, l’amour naît. Leur relation reste d’abord secrète, jusqu’au moment où Héloïse tombe enceinte. Ils fuient alors en Bretagne, se marient, et ont un fils au nom étonnant : Astrolabe.

Mais l’histoire tourne au drame. Fou de colère, l’oncle d’Héloïse fait attaquer Abélard, qui est mutilé. Après cela, Abélard devient moine et Héloïse entre au couvent. On pourrait croire que tout s’arrête là, mais leur lien continue autrement : à travers leurs lettres. Cette correspondance est devenue l’un des plus beaux témoignages amoureux du Moyen Âge.

À leur mort, ils finissent réunis dans le même tombeau, et c’est cette image qui a frappé les siècles suivants : deux amants séparés dans la vie, réunis dans la mort. Au XIXe siècle, on transfère leur tombe au Père-Lachaise pour donner du prestige au cimetière et attirer les visiteurs. Ils deviennent alors l’un des couples les plus célèbres du lieu, incarnation parfaite de la passion, du scandale et de l’amour éternel.

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